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- Si t'es heureux, frappe dans tes mains - |
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Manifestement, la recherche du bonheur des adolescents, d’un sens à trouver à leur vie est un thème qu’affectionne tout particulièrement l’auteur, et qu’il s’amusera ironiquement à démonter, notamment en concluant la plupart du temps ses histoires sur une note assez pessimiste. La paix intérieure serait dans Printemps Bleu soit inaccessible, étant toujours troublée par un facteur extérieur comme le montre la dernière nouvelle, soit liée à la mort, au suicide, ou à la folie, seules échappatoires dans ce monde devenu fou. Mais cette inaccessibilité au bonheur est invariablement liée au mal-être certain qui se dégage des personnages rencontrés dans le recueil, dont les nouvelles forment en fin de compte une critique acerbe et pertinente de la société japonaise, manifestement en pleine aliénation. La plupart des histoires courtes de Printemps Bleu sont plus ou moins liées au lycée Kitano, et il semblerait que le nom de l’établissement n’ait pas été choisi au hasard. En effet, on retrouve en quelque sorte dans Printemps Bleu l’ambiance si particulière des films de Kitano Takeshi, faite de mélancolie, d’humour noir et d’un certain réalisme parfois choquant car très cru. Ainsi, un exemple pour le moins flagrant est la présence dans le recueil d’une scène prenant lieu en bord de mer, et présentant trois personnages s’essayant à la tristement célèbre roulette russe; une scène qui ne manquera pas de rappeler l’excellent Sonatine du cinéaste japonais. |
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- "Défense de faire des graffitis !" - Matsumoto n’accorde pas moins de soin à l’aspect narratif, et parvient à rendre intéressante une simple nouvelle d’une vingtaine de pages. Il s’amuse en outre à surprendre le lecteur en amenant ses récits vers des événements inattendus (particulièrement dans Paix), ou vers un délire total comme le montre la dernière histoire, mais sans jamais rien laisser au hasard.
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Printemps Bleu est ce que l’on peut appeler une œuvre "underground", anticonformiste, crue, et marginale. Matsumoto soulève de réels problèmes, à savoir la perte de repères de la jeunesse et leurs conséquences, qu’il traite de manière très personnelle, intimiste. S’il est certain que Printemps Bleu ne touchera et ne plaira pas à tous les publics, il reste donc un magnifique titre à lire de toute urgence pour qui recherche un tant soit peu de réflexion et d’originalité artistique. C’est en lisant ce genre d’œuvre que l’on peut clairement affirmer que la bande dessinée est réellement un art à part entière, au même titre que la littérature ou le cinéma. A noter qu’il existe deux adaptations en film live, Aoi Haru (2001) et Revolver - Aoi Haru (2002), réalisées respectivement par Toshiaki Toyoda et Watanabe Takeshi.
sources : |
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